Vos dipladénias illuminent votre terrasse tout l’été avec leurs fleurs en trompette, roses, rouges ou blanches. Mais dès les premiers frimas, cette plante tropicale montre des signes de faiblesse. Bonne nouvelle : conserver un dipladenia à l’intérieur pendant l’hiver n’a rien de compliqué. Quelques gestes simples suffisent pour le protéger du froid et lui permettre de refleurir magnifiquement au printemps suivant.
Quand rentrer votre dipladenia à l’intérieur
Le dipladenia, originaire du Brésil, supporte mal les températures fraîches. Le seuil critique se situe autour de 10°C la nuit. En dessous, la plante commence à souffrir. Ses feuilles jaunissent, sa croissance ralentit, et le gel peut lui être fatal.
Surveillez les prévisions météo dès la fin septembre. Selon votre région, vous devrez agir entre fin septembre et début novembre. Dans le Sud, vous pouvez attendre mi-octobre. Plus au nord, mieux vaut anticiper dès que les températures nocturnes flirtent avec les 12°C.
Observez votre plante. Si les feuilles perdent leur éclat ou si de nouvelles taches apparaissent, c’est qu’elle vous envoie un signal. Ne tardez pas. Une nuit de gel surprise, et c’est tout votre travail de l’année qui part en fumée.
Pour faciliter la manipulation, placez votre pot sur un chariot à roulettes dès la fin août. Vous pourrez le déplacer sans effort quand le moment sera venu.
Préparer la plante avant l’hivernage
Avant d’installer votre dipladenia à l’intérieur, prenez le temps de l’inspecter minutieusement. Retournez les feuilles pour débusquer les cochenilles et les araignées rouges, ces parasites qui adorent se cacher sous le feuillage. Si vous en trouvez, passez un chiffon humide ou douchez la plante à l’eau tiède.
Retirez toutes les parties abîmées : feuilles jaunies, tiges desséchées, fleurs fanées. Ce nettoyage limite les risques de maladie une fois la plante à l’intérieur. L’environnement confiné favorise la propagation des champignons et des insectes.
Si votre dipladenia a pris beaucoup d’ampleur pendant l’été, une taille légère peut s’avérer utile. Raccourcissez les tiges trop longues d’un tiers environ. Utilisez un sécateur propre et désinfecté. Cette opération n’est pas obligatoire, mais elle facilite l’installation dans la maison et stimule la ramification au printemps.
Cette préparation prend vingt minutes, pas plus. Mais elle fait toute la différence pour passer un hiver serein.
L’emplacement idéal pour l’hiver
Le dipladenia a besoin de lumière, beaucoup de lumière. Placez-le près d’une fenêtre bien exposée, orientée sud, sud-est ou est. La luminosité hivernale est déjà faible, ne la réduisez pas davantage en le reléguant au fond d’une pièce sombre.
Évitez cependant les rayons directs du soleil à travers une vitre en plein midi. Un voilage léger ou une exposition légèrement décalée suffisent. L’objectif est d’offrir une lumière vive mais douce.
La température joue un rôle tout aussi important. L’idéal se situe entre 12 et 18°C. Une véranda non chauffée, une serre froide hors gel ou une pièce peu chauffée conviennent parfaitement. Si vous n’avez que des pièces chauffées à 20°C ou plus, votre dipladenia risque de végéter. La chaleur excessive le pousse à continuer de croître alors qu’il devrait se reposer. Résultat : des tiges étiolées, une floraison médiocre au printemps.
Tenez la plante éloignée des radiateurs et des courants d’air froids. Les variations brutales de température la stressent. Une entrée où la porte s’ouvre souvent, une fenêtre qui laisse passer un filet d’air glacé : autant de situations à éviter.
Adapter l’arrosage en période hivernale
En hiver, le dipladenia entre en dormance. Sa croissance ralentit, ses besoins en eau diminuent drastiquement. L’erreur la plus fréquente consiste à continuer d’arroser comme en été. Trop d’eau provoque la pourriture des racines, souvent fatale.
Laissez le substrat sécher en profondeur entre deux arrosages. Pour vérifier, enfoncez votre doigt à deux ou trois centimètres dans le terreau. S’il est encore humide, attendez quelques jours. S’il est sec, arrosez modérément.
En pratique, un arrosage par semaine suffit généralement. Dans une pièce fraîche, vous pouvez même espacer à dix jours. Utilisez de l’eau à température ambiante. L’eau froide choque les racines.
Videz systématiquement la soucoupe après chaque arrosage. L’eau stagnante favorise les champignons et asphyxie les racines. Un bon drainage reste essentiel : vérifiez que le pot comporte bien des trous au fond.
Fertilisation et soins complémentaires
Pendant l’hiver, stoppez tout apport d’engrais. Le dipladenia n’en a pas besoin. Fertiliser une plante au repos stimule une croissance artificielle, au détriment de sa santé future. Attendez le printemps pour reprendre les apports nutritifs.
Si l’air de votre intérieur est très sec, notamment à cause du chauffage, vaporisez légèrement le feuillage une fois par semaine. Cette brumisation apporte un peu d’humidité et limite l’apparition des acariens, friands d’atmosphères sèches.
Profitez de chaque arrosage pour inspecter la plante. Les cochenilles et les araignées rouges se développent rapidement dans un environnement chaud et sec. Si vous repérez des petites bosses blanches sous les feuilles (cochenilles) ou des points jaunes avec de fines toiles (acariens), agissez vite. Un traitement au savon noir dilué suffit souvent. Passez un coton imbibé sur les zones touchées.
Ne paniquez pas si quelques feuilles jaunissent et tombent. C’est normal. Le dipladenia ajuste son feuillage à la baisse de luminosité. Tant que la plante ne perd pas toutes ses feuilles d’un coup, tout va bien.
Préparer la reprise au printemps
Dès que les températures remontent durablement au-dessus de 15°C la nuit, généralement entre avril et mai selon les régions, votre dipladenia peut retrouver l’extérieur. Mais attention : pas de transition brutale. Sortez-le d’abord à mi-ombre pendant une semaine, le temps qu’il se réhabitue à la lumière naturelle et aux écarts de température.
C’est le moment de reprendre progressivement l’arrosage. Augmentez la fréquence au fur et à mesure que les températures grimpent et que la plante redémarre. Dès l’apparition des premières nouvelles pousses, relancez la fertilisation. Un engrais pour plantes fleuries, riche en potassium, favorise une floraison généreuse. Apportez-en toutes les deux semaines jusqu’en septembre.
Si votre dipladenia est dans le même pot depuis deux ou trois ans, envisagez un rempotage. Choisissez un contenant légèrement plus grand, avec un bon drainage. Utilisez un terreau spécial plantes fleuries mélangé à un peu de sable pour alléger le substrat. Profitez-en pour tailler légèrement les racines trop développées.
Une taille de printemps stimule la ramification et la floraison. Pincez l’extrémité des jeunes pousses pour encourager la plante à se ramifier. Plus elle aura de tiges, plus elle produira de fleurs.
Voilà. Avec ces quelques attentions, votre dipladenia traversera l’hiver sans dommage et vous offrira une floraison spectaculaire dès le retour des beaux jours. Pas de mystère : lumière, fraîcheur modérée et arrosage mesuré. Le reste, la plante s’en charge.

