Vous venez d’acheter une maison avec un olivier imposant qui touche presque le toit, ou vous avez hérité d’un arbre laissé sans entretien depuis des années ? Tailler un olivier trop haut demande méthode et patience pour éviter de traumatiser l’arbre. Voici comment procéder en douceur, étape par étape, pour retrouver un arbre équilibré et productif.
Pourquoi votre olivier est devenu trop haut
Un olivier abandonné à lui-même peut rapidement dépasser les 5 ou 6 mètres de hauteur. Sans taille régulière, les branches verticales se multiplient et l’arbre perd sa forme harmonieuse.
Les conséquences sont concrètes. La récolte devient difficile, voire impossible sans échelle. Le centre de l’arbre se densifie, l’air circule mal et la lumière pénètre à peine. Résultat : la production d’olives diminue, les fruits restent petits et l’arbre devient vulnérable aux maladies.
Un olivier trop grand crée aussi des problèmes d’encombrement dans un jardin. Il peut gêner une terrasse, masquer une vue ou frotter contre une façade. Reprendre le contrôle devient nécessaire.
Quand intervenir sur un olivier trop haut
La meilleure période pour tailler un olivier se situe entre fin février et avril, selon votre région. Dans le sud de la France, vous pouvez commencer dès la mi-février. Plus au nord, attendez mars ou début avril.
L’objectif : intervenir après les dernières gelées sévères mais avant l’apparition des fleurs. Si les bourgeons floraux sont déjà visibles, c’est trop tard pour cette année. Mieux vaut patienter jusqu’au printemps suivant.
Observez votre arbre régulièrement. Les signaux d’alerte sont faciles à repérer : branches qui se croisent au centre, feuillage trop dense, production d’olives en baisse, forme déséquilibrée. Dès que vous constatez ces signes, planifiez une intervention.
Les outils indispensables pour tailler en hauteur
Travaillez avec du matériel adapté et bien entretenu. Un sécateur à main suffit pour les petites branches et les rameaux fins jusqu’à 2 centimètres de diamètre.
Pour les branches moyennes, utilisez un ébrancheur ou un coupe-branches télescopique. Ces outils offrent un bras de levier supérieur et permettent d’atteindre les hauteurs sans forcer.
Les grosses branches charpentières nécessitent une scie d’élagage. Choisissez un modèle à lame courbe qui facilite la coupe en hauteur. Une échelle stable ou un escabeau de jardin complète l’équipement.
Pensez à désinfecter vos lames avant de commencer et entre chaque arbre. Un chiffon imbibé d’alcool à 70° évite la transmission de maladies. Des outils propres et bien affûtés garantissent des coupes nettes qui cicatrisent plus vite.
La méthode progressive pour rabattre un olivier trop haut
Évaluer l’ampleur de la taille
Avant de couper quoi que ce soit, prenez du recul et observez votre olivier. Identifiez les branches charpentières principales, celles qui partent du tronc et structurent l’arbre. Repérez les branches secondaires et les rameaux plus fins.
La règle d’or : ne jamais retirer plus d’un tiers du volume total en une seule fois. Un olivier stressé par une taille trop sévère mettra plusieurs années à se remettre. Si votre arbre dépasse largement 5 mètres, prévoyez d’étaler l’intervention sur deux ans.
Étape 1 : nettoyer et aérer
Commencez par le plus simple et le plus utile. Supprimez tout le bois mort, les branches cassées ou malades. Ces éléments ne servent plus l’arbre et peuvent même abriter des parasites.
Éliminez ensuite les branches qui poussent vers l’intérieur ou qui se croisent. L’objectif : créer de l’espace au centre de l’arbre pour laisser entrer la lumière et favoriser la circulation de l’air. Un olivier bien aéré résiste mieux aux champignons et aux maladies.
Cette première phase peut déjà réduire significativement l’impression de masse. Vous gagnez en clarté et voyez mieux la structure réelle de votre arbre.
Étape 2 : rabattre la hauteur progressivement
Attaquez-vous maintenant aux branches verticales qui donnent cette impression de hauteur excessive. Coupez-les toujours au-dessus d’un rameau descendant ou horizontal. Cette technique encourage une croissance latérale plutôt que verticale.
Visez une hauteur finale entre 3 et 4 mètres maximum. Cette dimension reste gérable pour l’entretien et la récolte, tout en préservant le caractère majestueux de l’olivier.
Réalisez des coupes nettes et en biais, à environ 45 degrés. L’eau de pluie s’écoule ainsi naturellement sans stagner sur la plaie. Évitez les coupes à ras ou perpendiculaires qui favorisent la pourriture.
Si votre olivier dépasse 5 ou 6 mètres, contentez-vous cette année de rabattre d’un tiers. Vous terminerez le travail l’année suivante. Cette taille de régénération progressive évite le choc physiologique.
Étape 3 : équilibrer la silhouette
Une fois la hauteur maîtrisée, prenez à nouveau du recul. Observez l’équilibre général. Un olivier harmonieux présente une forme de gobelet ouvert avec 4 à 5 branches charpentières bien réparties autour du tronc.
Corrigez les déséquilibres en raccourcissant légèrement les branches trop vigoureuses d’un côté. L’idée n’est pas d’obtenir une symétrie parfaite, mais une silhouette agréable à l’œil et fonctionnelle.
Gardez toujours à l’esprit que les olives se forment sur le bois de l’année précédente. En supprimant trop de jeunes rameaux, vous sacrifiez la récolte de l’année suivante. Trouvez le bon compromis entre esthétique et production.
Les erreurs à éviter absolument
La plus courante consiste à tailler trop sévèrement d’un coup. Un olivier amputé de la moitié de son volume subit un choc physiologique majeur. Il peut mettre trois ou quatre ans à retrouver sa vigueur, voire ne jamais s’en remettre complètement.
Ne coupez jamais à ras sans angle. Une coupe perpendiculaire crée une surface plane où l’eau stagne. La plaie met plus de temps à cicatriser et les risques de pourriture augmentent.
Tailler pendant la floraison ruine votre récolte de l’année. Tailler pendant les gelées fragilise l’arbre au moment où il est le plus vulnérable. Respectez le calendrier de taille, c’est votre meilleure assurance.
Dernier point souvent négligé : la désinfection des outils. Passer d’un arbre à l’autre avec des lames sales peut propager maladies et champignons. Un geste simple qui change tout.
Soins après la taille d’un olivier trop haut
Une fois la taille terminée, ramassez et évacuez tous les déchets végétaux. Ne laissez pas les branches coupées au pied de l’arbre, elles peuvent héberger des parasites ou des champignons.
Si le sol est sec, arrosez généreusement au pied du tronc. Un arrosage copieux aide l’olivier à gérer le stress de la taille et facilite la cicatrisation des plaies. Comptez 20 à 30 litres d’eau pour un arbre adulte.
Vous pouvez apporter un engrais organique modéré au printemps, un mois après la taille. Du compost bien décomposé ou un engrais spécial olivier soutient la reprise de la végétation. Évitez les engrais chimiques trop riches qui forcent la croissance verticale.
Surveillez la repousse au cours du printemps. Des jeunes pousses vigoureuses confirment que l’arbre a bien supporté l’intervention. Si certaines branches ne repartent pas, coupez-les proprement à la base.
Entretien régulier pour éviter un nouvel excès de hauteur
Un olivier bien taillé chaque année ne redevient jamais trop haut. La taille d’entretien annuelle, réalisée en mars, suffit à maintenir une forme harmonieuse.
Cette taille légère consiste à supprimer les gourmands verticaux dès leur apparition, éliminer les branches mortes ou mal placées et maintenir l’aération du centre. Une vingtaine de minutes par an évitent des heures de travail plus tard.
Soyez attentif aux branches qui poussent vers le ciel. Ce sont elles qui donnent rapidement de la hauteur. En les supprimant chaque année, vous orientez l’énergie de l’arbre vers les branches latérales productives.
L’objectif final : ne plus jamais avoir besoin de rabattre sévèrement votre olivier. Un entretien régulier, même minime, vaut toujours mieux qu’une intervention lourde tous les dix ans. Votre arbre reste équilibré, productif et magnifique année après année.

