Inconvénient du figuier : 4 vrais problèmes à anticiper avant de planter

Le figuier séduit par ses fruits généreux et son allure méditerranéenne. Mais avant de lui réserver une place dans votre jardin, mieux vaut connaître ses défauts. Car cet arbre cache quelques surprises désagréables. Quatre inconvénients méritent vraiment votre attention. Les autres ? On peut vivre avec.

Les racines, le vrai défi du figuier

Le système racinaire du figuier pose le problème le plus sérieux. Ses racines partent dans deux directions : en profondeur pour chercher l’eau, et en surface pour explorer le terrain. Ces racines superficielles s’étendent sur plusieurs mètres autour du tronc. Elles ne demandent qu’une chose : avancer.

Le souci ? Elles ne s’arrêtent devant rien. Elles soulèvent les dalles de terrasse, fissurent les fondations, s’infiltrent dans les canalisations. Même une fosse septique peut subir leurs assauts. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est une réalité documentée chez des milliers de propriétaires.

Plantez votre figuier à 8 mètres minimum de toute construction. Oui, 8 mètres. Pas 5, pas 6. Les racines d’un figuier adulte peuvent facilement atteindre cette distance. Si vous manquez d’espace, renoncez au figuier en pleine terre.

Les barrières racinaires ? Elles existent, mais leur efficacité reste limitée. Il faudrait les enterrer à 80 cm de profondeur minimum et les installer en cercle complet autour de la zone de plantation. Le coût et la complexité rendent cette solution peu réaliste pour un particulier.

Autre conséquence : les racines superficielles puisent l’eau et les nutriments avec une efficacité redoutable. Les plantes voisines en pâtissent. Difficile de cultiver quoi que ce soit dans un rayon de 3 à 4 mètres autour d’un figuier mature. Même le gazon peine à pousser.

Un arbre qui demande de la place

Un figuier adulte ne passe pas inaperçu. Comptez 4 à 6 mètres de hauteur pour les variétés moyennes, et autant en largeur. Certaines variétés vigoureuses comme Sultane atteignent facilement 7 mètres d’envergure. Son port naturel est étalé, avec des branches qui s’étendent horizontalement plutôt que de monter vers le ciel.

Dans un petit jardin urbain, le figuier devient rapidement envahissant. Il monopolise l’espace, projette une ombre dense qui empêche toute culture en dessous, et déséquilibre l’aménagement initial. Vous pensiez avoir de la place pour vos rosiers et vos aromatiques ? Le figuier vous fera changer d’avis en quelques années.

Sa croissance est rapide. Un jeune plant de 1 mètre peut doubler de volume en deux saisons. Cette vigueur est un atout dans les grands espaces, un cauchemar dans les jardins de ville.

Et la taille ? Le figuier la supporte mal. Ses plaies cicatrisent lentement et peuvent devenir des portes d’entrée pour les maladies. Vous ne pourrez pas le contenir facilement comme un pommier ou un cerisier. Choisissez donc la variété en fonction de l’espace dont vous disposez réellement, pas de celui que vous imaginez avoir.

Le latex irritant, un risque à connaître

Les feuilles, les tiges et les fruits immatures du figuier produisent un latex blanc lorsqu’on les coupe ou les casse. Ce liquide collant n’est pas anodin. Il contient des furocoumarines, des molécules phototoxiques.

Phototoxique signifie que le latex devient irritant au contact du soleil. Vous taillez votre figuier un matin ensoleillé ? Le latex touche votre avant-bras. Vous continuez à jardiner. Quelques heures plus tard, des rougeurs apparaissent, puis des cloques dans les cas sévères. La réaction ressemble à une brûlure chimique.

Les zones touchées restent sensibles pendant plusieurs jours, parfois plusieurs semaines. Et si vous êtes particulièrement sensible, une simple exposition au latex peut déclencher des démangeaisons importantes, même sans soleil.

Autre problème : les feuilles du figuier ont une surface velue et rugueuse. Le contact prolongé irrite la peau, surtout sur les zones sensibles comme le cou ou l’intérieur des bras.

Portez systématiquement des gants épais, un pantalon long et une chemise à manches longues lorsque vous taillez ou récoltez. Pas des gants de jardinage ordinaires. Des gants résistants, en cuir ou en tissu enduit. Lavez immédiatement toute zone de peau touchée par le latex, à l’eau froide et au savon.

Si vous jardinez avec des enfants ou si vous avez la peau sensible, réfléchissez à deux fois avant d’installer un figuier. Ce n’est pas un arbre qu’on manipule sans précaution.

Une production généreuse qui peut virer au cauchemar

Un figuier mature produit plusieurs dizaines de kilos de figues par saison. Certaines variétés bifères offrent même deux récoltes, en juillet puis en septembre. Sur le papier, c’est formidable. Dans la pratique, c’est souvent ingérable.

Une famille de quatre personnes consomme rarement plus de quelques kilos de figues fraîches. Le reste tombe au sol. Et là, les ennuis commencent.

Les figues mûres attirent les guêpes et les frelons en nombre impressionnant. Si votre figuier est proche d’une terrasse ou d’un coin repas extérieur, vous ne profiterez plus de votre jardin en été. Les insectes sont partout, agressifs dès qu’on s’approche de leur festin.

Les figues éclatées au sol fermentent rapidement. Elles produisent une odeur aigre-douce peu agréable et attirent mouches et fourmis par centaines. Elles laissent aussi des taches collantes sur les dalles, le bois des terrasses ou les pavés. Ces taches sucrées sont particulièrement tenaces. Même au jet haute pression, elles résistent.

L’automne apporte un autre désagrément : les feuilles mortes. Larges et coriaces, elles forment un tapis épais sous l’arbre. Mouillées par la pluie, elles deviennent glissantes. Elles mettent du temps à se décomposer et étouffent les jeunes plantes si vous ne les ramassez pas régulièrement.

Ramasser les figues tombées quotidiennement pendant la saison devient une corvée obligatoire. Sinon, votre jardin se transforme en terrain vague. Si vous n’avez ni le temps ni l’envie de cet entretien régulier, passez votre chemin.

Les autres inconvénients à relativiser

Le figuier présente d’autres défauts, mais moins problématiques que les quatre précédents.

Il a besoin de chaleur pour que ses fruits mûrissent correctement. Dans les régions au climat frais, les figues restent vertes et dures. Mais ce problème se résout facilement : choisissez une variété précoce comme Rouge de Bordeaux ou Madeleine des deux saisons si vous habitez au nord de la Loire.

La pollinisation de certaines variétés dépend d’une petite guêpe appelée blastophage. Cet insecte ne vit que dans le sud de la France. Ailleurs, optez pour une variété autofertile, et le problème disparaît. Les jardineries proposent aujourd’hui presque exclusivement ce type de variété.

Les feuilles mortes en automne ? Oui, il y en a beaucoup. Mais ce n’est pas propre au figuier. Tous les arbres caducs perdent leurs feuilles. Au moins, celles du figuier se décomposent bien dans le compost.

Faut-il renoncer au figuier ?

Le figuier reste un arbre magnifique et généreux. Mais il n’est pas fait pour tous les jardins.

Vous avez un grand terrain, au moins 50 m² disponibles loin de toute construction ? Vous habitez une région ensoleillée ? Vous êtes prêt à ramasser des figues en été et à protéger vos bras lors de la taille ? Le figuier peut vous combler.

Vous avez un petit jardin de ville, une terrasse proche, des enfants qui jouent partout, peu de temps pour l’entretien ? Oubliez le figuier en pleine terre. Vous allez droit vers les ennuis.

Une alternative existe : le figuier nain en pot. Les variétés comme Figality ou Little Miss Figgy restent compactes, dépassent rarement 1,50 mètre, et produisent quelques figues chaque année. Elles se cultivent sur un balcon ou une terrasse dans un pot de 40 cm de diamètre minimum. Vous gardez le plaisir des figues fraîches sans les contraintes de l’arbre de plein champ.

D’autres fruitiers méditerranéens posent moins de problèmes : le grenadier reste plus petit et moins envahissant, le cognassier offre une silhouette élégante sans système racinaire agressif, le néflier du Japon supporte mieux les climats frais.

Le figuier n’est pas un arbre anodin. Ses racines puissantes, son encombrement, son latex irritant et sa production débordante exigent réflexion et espace. Si vous lui offrez les conditions qu’il réclame, il vous le rendra au centuple. Sinon, mieux vaut choisir un compagnon moins exigeant.

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koessler.buisness@gmail.com
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