Quand tailler un figuier pour préserver sa santé et ses fruits

Votre figuier prend de l’ampleur et vous vous demandez s’il est temps de sortir le sécateur ? La question de quand tailler un figuier revient chaque année dans l’esprit des jardiniers, et pour cause : cet arbre méditerranéen généreux n’apprécie pas vraiment la taille. Pourtant, dans certaines situations, elle devient inévitable. Alors, quelle est la bonne période, et surtout, comment s’y prendre sans compromettre la santé de votre arbre ni sacrifier votre récolte ?

Faut-il vraiment tailler un figuier ?

Commençons par une vérité simple : le figuier n’a pas besoin d’être taillé pour produire. Contrairement à d’autres fruitiers, il fructifie naturellement, adopte une forme harmonieuse et se débrouille très bien tout seul. Mieux encore, la taille peut lui nuire.

Son bois creux et tendre cicatrise difficilement. Chaque coupe crée une plaie qui met du temps à se refermer et peut devenir une porte d’entrée pour les maladies. La taille stimule également la production de bois et de feuilles au détriment des fruits. Bref, moins vous intervenez, mieux c’est.

Mais trois situations rendent la taille presque obligatoire. Lorsque votre figuier devient envahissant et déborde chez le voisin ou occupe trop d’espace. Quand il monte trop haut et que la récolte devient acrobatique. Ou encore lorsqu’il vieillit et accumule du bois mort improductif. Dans ces cas, une taille modérée tous les deux à trois ans suffit largement.

La période idéale selon votre région

La réponse à la question « quand tailler » dépend entièrement de votre climat. Ce qui fonctionne à Marseille peut être désastreux à Lille.

Dans le Sud et les régions au climat doux, vous pouvez tailler juste après la récolte, en octobre ou novembre. L’arbre entre alors en repos végétatif. Les températures clémentes permettent une cicatrisation correcte avant l’hiver.

Dans le Nord et le Centre, attendez impérativement la fin de l’hiver, entre fin février et début mars. Les gelées les plus fortes sont passées, mais la sève n’a pas encore repris son activité intense. C’est le moment parfait : l’arbre se prépare doucement à repartir, et les plaies cicatrisent mieux avec la montée de sève imminente.

Deux périodes sont à bannir absolument. Le plein hiver expose les plaies au gel : l’eau s’infiltre dans le bois creux et gèle, provoquant des dégâts internes. Et le printemps, une fois les feuilles sorties, déclenche un écoulement massif de latex blanc. Ce « saignement » affaiblit considérablement le figuier. Sans compter que ce latex est particulièrement irritant pour la peau et les yeux.

Unifère ou bifère, quelle différence pour la taille ?

Tous les figuiers ne fonctionnent pas de la même manière. Comprendre le vôtre change tout.

Les figuiers unifères produisent une seule fois par an, en fin d’été ou début d’automne. Leurs fruits se développent sur les rameaux de l’année en cours. Si vous taillez en mars, vous retirez du vieux bois, mais les nouvelles pousses du printemps porteront les figues de septembre. La taille n’impacte donc pas vraiment la récolte.

Les figuiers bifères offrent deux récoltes. La première, en juillet, donne des figues-fleurs qui naissent sur le bois de l’année précédente. Ces toutes petites figues passent l’hiver au bout des branches et mûrissent l’été suivant. La seconde récolte, en septembre, pousse sur les rameaux de l’année. Si vous taillez trop sévèrement un bifère en fin d’hiver, vous supprimez les futures figues de juillet.

L’astuce : à la fin de l’hiver, observez attentivement les extrémités des branches. Vous verrez de minuscules figues déjà formées, grosses comme un petit pois. Ce sont vos figues-fleurs. Préservez au maximum ces rameaux lors de la taille, ou contentez-vous de les raccourcir légèrement. Vous pouvez en revanche tailler plus franchement les branches qui n’en portent pas.

Les gestes de taille selon vos besoins

Taille d’entretien légère

C’est la plus courante et la moins risquée. Elle se pratique tous les deux à trois ans, pas plus souvent. L’objectif n’est pas de transformer votre figuier, mais simplement de le maintenir en forme.

Commencez par retirer les branches mortes ou malades. Elles sont faciles à repérer : cassantes, sans bourgeons, parfois noircies. Coupez-les à leur base, au ras du tronc ou de la branche porteuse.

Supprimez ensuite les branches trop basses qui touchent le sol ou gênent le passage de la tondeuse. Éliminez les rejets qui poussent au pied de l’arbre. Ils épuisent inutilement le figuier et ne donnent généralement rien de bon. Gardez éventuellement les plus vigoureux si vous souhaitez multiplier votre arbre ou le conduire en cépée.

Enfin, raccourcissez d’un tiers les branches qui partent à la verticale ou deviennent trop longues. Coupez toujours au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur pour favoriser une forme aérée. Évitez absolument de vouloir éclaircir le centre : contrairement aux pommiers, le figuier n’a pas besoin d’un cœur ouvert.

Taille de rajeunissement pour vieux sujets

Un figuier de plus de vingt ans peut devenir désordonné, avec des branches enchevêtrées et une production en berne. La taille de rajeunissement lui redonne une seconde jeunesse, mais attention : c’est une opération lourde, à pratiquer avec prudence.

Vous avez deux options. Soit rabattre toutes les branches à 50 cm du tronc principal, ce qui force l’arbre à recréer une charpente complète à partir de bourgeons dormants. Soit couper carrément à la base, au niveau de la souche. Dans les deux cas, de nombreux rejets vigoureux vont apparaître. Vous devrez ensuite en sélectionner quelques-uns seulement (les plus beaux, les mieux placés) et supprimer tous les autres pour ne pas épuiser l’arbre.

Cette taille drastique ne se fait qu’une fois tous les vingt à trente ans. Elle demande de la patience : il faudra deux à trois ans pour que votre figuier retrouve une forme harmonieuse et une production correcte.

Précautions essentielles pour ne pas blesser l’arbre

La taille d’un figuier n’est jamais anodine. Quelques règles de base évitent les catastrophes.

Côté matériel, munissez-vous d’un sécateur bien affûté pour les petites branches et d’une scie d’élagage propre pour les plus grosses. Des outils tranchants créent des plaies nettes qui cicatrisent mieux. Désinfectez-les avant et après usage à l’alcool ou à l’eau de Javel diluée pour ne pas transmettre de maladies.

Portez impérativement des gants épais et éventuellement des lunettes de protection. Le latex blanc qui s’écoule des plaies est très irritant pour la peau et les yeux. Certaines personnes y développent des réactions allergiques sérieuses.

Taillez toujours en biseau, avec une coupe inclinée vers le bas. Cela évite que l’eau stagne sur la plaie et s’infiltre dans le bois creux. Une fois la coupe faite, badigeonnez-la avec un mastic cicatrisant ou de l’argile verte. Vous pouvez aussi pulvériser un peu de bouillie bordelaise pour désinfecter, puis laisser sécher avant d’appliquer le mastic.

Dernière règle d’or : ne taillez jamais trop sévèrement d’un coup. Si votre figuier a vraiment besoin d’une remise en forme importante, étalez l’opération sur deux ou trois ans. L’arbre encaissera mieux le choc et vous limitez les risques de maladies ou de dépérissement.

La taille du figuier reste un geste délicat qui demande de la retenue. En climat froid, privilégiez la fin février ou début mars. Dans le Sud, octobre-novembre conviennent parfaitement. Mais surtout, taillez seulement si c’est vraiment nécessaire. Votre figuier vous remerciera par une belle récolte de figues sucrées et juteuses, année après année.

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koessler.buisness@gmail.com
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